Fin de vie: L'ultime phase - Trouver à vivre dans ses silences
- Aline Paghent
- 7 janv.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours

« C’est long… On attend. »
C’est une phrase que j’entends souvent chez les familles lorsque leur proche est entré dans cette phase si particulière de la fin de vie.
Ce moment où il ne parle plus.
Où il est inconscient.
Où, en apparence, plus rien ne se passe.
Il est compréhensible de ne percevoir dans ces silences que le brouhaha de ses pensées et le fracas de sa sourde douleur.
Il est normal de vouloir dire stop au moment où le proche plonge dans l’inconscience et ne plus communiquer avec nous.
Il est légitime de perdre le sens de rester près d’un proche qui ne communique plus.
Épuisées physiquement et émotionnellement, certaines familles ne trouvent pas leur place dans ce « vide ».
Beaucoup disent ne pas savoir comment habiter ce temps.
Comme si encore une fois, ils subissaient, comme si ce moment ne servait à rien, parce qu’aucune action « utile » ne semble possible, au point que, rester auprès du proche devient trop difficile.
L’accompagnement semble alors s’arrêter là, naturellement.
Il n’y a aucun jugement à poser sur cela. Il en va d’une réalité humaine, profondément éprouvante.
Et si cet entre-deux n’était pas un désert, ni un vide ?
Et si ce temps pouvait devenir un espace à vivre autrement ?
Je perçois cette phase de vie tel un sas, un seuil, où la personne en fin de vie se tient face à la porte qu’elle s’apprête à franchir, et où le proche se prépare, lui, à continuer la vie… Sans l’être aimé.
Un temps de lâcher-prise, d’acceptation parfois et de préparation à la séparation.
Pour se quitter avec le plus de douceur possible.
Dans cette inertie apparente, nous pouvons y inviter du mouvement, apporter de la rondeur à ce qui nous pique, nous fait mal.
Dans ces silences il y a encore quelque chose à donner et à recevoir.
Créer votre espace de présence consciente par :
▫️ Des silences habités,
▫️ Des mots murmurés,
▫️ De la musique,
▫️ Des intentions,
▫️ Des gestes simples,
▫️ Votre respiration, Sa respiration
▫️ De la poésie, parfois.
🍃 Ne pas chercher à combler mais vivre ce moment avec lui, tel que vous êtes et avec ce que vous pouvez et surtout dans le respect de vos capacités.

Mon rôle de Thanadoula
En tant que Thanadoula, j’accompagne autant la personne en fin de vie que les proches dans cette phase ultime.
J’aide à habiter ces temps, à leur redonner du sens, à cheminer dans cet entre-deux.
Parce que je suis profondément convaincue que, même dans ce contexte, il y a encore de la relation.
Encore de la présence.
Encore de l’essentiel.
Je vous soutiens dans cet accompagnement humain, vous aménage des temps de dépose émotionnelle et de répit.
J'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence. - Antoine De Saint-Exupéry




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